Marketeux, ne basez pas vos stratégies sur des suppositions !

On en voit tous les jours et nous en sommes parfois souvent victimes nous-même : les perceptions biaisées ! Elles interviennent dans notre vie personnelle mais il arrive très souvent qu’elles faussent également notre travail au quotidien, tout particulièrement lors de décisions marketing, business ou encore publicitaires.

Parmi les perceptions biaisées les plus connues, on compte : “les jeunes ont plus de relations sexuelles que les vieux”, “les seniors ne connaissent pas les réseaux sociaux” ou encore “ Il n’y a plus personne sur Snapchat”.

Tout stratégiste qui se respecte se doit de démêler le faux du vrai afin d’atteindre les meilleurs résultats suite à ses décisions. Faisons un petit tour de quelques insights marketing faux mais populaires !

Snapchat is dead !” Humm… vraiment ?!

Pour les férus de Twitter, oui, la quotation de la célèbre application a pris un grand coup suite au tweet de Kylie Jenner :

Cependant, l’application a toujours son public, certes moins conséquent que les années passées suite à l’arrivée de Instagram stories, mais qui a fortement évolué. Selon l’étude #BornSocial “La génération des moins de 13 ans va t-elle bouleverser le marketing sur les médias sociaux ?”, Snapchat est l’application la plus utilisée par les collégiens : 70% des jeunes inscrits sur un réseau social y sont présents, même si pour une grande partie d’entre eux, cette présence reste illégale puisqu’ils n’ont pas atteint l’âge de 13 ans.

Snapchat reste un réseau privilégié par cette jeunesse qui peut s’exprimer sans entrave à sa réputation, grâce aux filtres et à la durée de vie éphémère de leurs clichés.

Snapchat est donc un medium à privilégier, notamment pour les marques qui cherchent à atteindre une audience très jeune et connectée. On pense spontanément aux éditeurs de jeux vidéos, aux maisons de disques ou encore aux marques de vêtements et accessoires.

Facebook, c’est terminé. Nous pensons qu’il faut choisir de nouveaux réseaux.

C’est quelque chose que nous entendons souvent de la part de nos clients depuis le scandale Cambridge Analytica. Cette perception biaisée peut d’ailleurs trouver sa source dans l’émission de radio que vous écoutez le soir lors de votre trajet travail – domicile : “La valeur Facebook a perdu 26% ce 26 juillet 2018”. Beaucoup pensent que ce plongeon est dû au scandale Cambridge Analytica.

En fait non, Facebook a vu la valeur de son action plonger ce 26 juillet à cause de la publication de ses résultats trimestriels : le réseau social, contrairement aux idées reçues est toujours en croissance, cependant, cette croissance est moins soutenue ces derniers mois. Elle reste tout de même de 11% au 30 juin 2018 malgré les scandales ayant entaché son image. Le monde et l’audience de Facebook évoluent ! Toutes les entreprises font ou on fait face à ce constat. Il suffit d’ailleurs même d’observer votre propre comportement : Êtes-vous toujours sur MSN ? #RIPlesWIZZ

 

 

Le hashtag #DeleteFacebook a donc eu un impact oui, mais très minime comparé à la couverture de la presse que le scandale a engendré.

Facebook reste donc un réseau social à considérer dans votre stratégie social media si votre cible fait partie de l’audience présente sur ce medium ! On garde cependant à l’esprit, suite à mon premier point, que vous ne trouverez pas une majorité d’adolescents dessus !

 

Pour ma campagne de marketing d’influence, je ne veux que des personnes avec beaucoup de followers !

C’est une idée largement répandue chez ceux qui croient à l’équation Marketing d’influence = Norman fait des vidéos.

La large popularité d’un influenceur ne fait pas son succès ! D’ailleurs, si vous pensez que la popularité d’un influenceur se résume à son nombre de followers, tentez la requête “Fake Influenceurs” sur Google pour en découvrir davantage sur le sujet 😉

L’influence est tout d’abord contextuelle : Si vous vous promenez sur Instagram ou YouTube, vous relèverez qu’il existe que très peu d’influenceurs qui excellent sur tous les sujets et qui ont un nombre de followers conséquent (sans compter Kim Kardashian, que nous mettons du côté des célébrités et non des influenceurs par sa nature).

Par conséquent, pour avoir un impact auprès de l’audience des influenceurs que vous avez choisi, que ce soit en termes de notoriété ou de transformation, la micro-influence pourra être une solution plus efficace. En effet, leur légitimité et leur authenticité en font des ambassadeurs de choix comparé à des stars du web à 1 million de followers.

D’ailleurs, c’est un des constats de l’étude supervisée par la plateforme BazaarVoice, publiée en août 2018, qui souligne que les français sont en quête davantage d’authenticité de la part des influenceurs.

Mais alors, comment sortir de ces perceptions biaisées ?

On parle dans cet article d’idées reçues sur les réseaux sociaux, mais les perceptions biaisées concernent l’ensemble des insights sur lesquels reposent vos recommandations et décisions stratégiques.

Elles peuvent vous faire prendre de mauvaises décisions qui engendreront un bad buzz, un ralentissement de vos ventes ou encore mettre en péril une catégorie de votre offre ou même votre business dans sa globalité.

Pour tenter de mener la vie dure à vos perceptions biaisées, j’ai décidé de partager ci-dessous quelques outils et ressources que j’utilise pour challenger mes croyances et perceptions :

 

  • The perils of perception, de Bobby Duffy : C’est d’ailleurs la lecture ce livre qui m’a donné l’envie de rédiger cet article. Bobby Duffy est le managing director de l’institut Ipsos. Depuis 2012, l’institut de recherche mène des études afin d’explorer l’écart entre les perceptions des citoyens de 40 pays et les réalités, qu’elles soient économiques, scientifiques, sociétales ou encore politiques. D’ailleurs, la baseline de ce livre résume très bien son contenu “Why we’re wrong about nearly everything”. Vous pouvez commander le livre ici !
  • Splash : Splash est un podcast du studio “Nouvelles Écoutes”, animé par Etienne Tabbagh. Ce professeur dénoue les théories vraies ou souvent fausses en économie. Un podcast que je vous invite à écouter sans modération !
  • Vos first party datas  : Les first party datas sont les données que vous possédez au travers de vos CRM, vos bases de données newsletter etc. Vous avez de nombreuses datas à votre disposition que vous pouvez exploiter. Celles-ci vous réservent d’ailleurs des surprises au sujet de vos clients et des audiences que vous souhaitez viser. Je vous invite à en découvrir plus ici
  • Vlan ! : Toujours dans la famille des podcasts, Vlan ! est podcast créé par Grégory Pouy (GregFromParis pour ceux qui le connaissent sous ce pseudo). Son crédo, qui me plaît beaucoup : “ Un partage d’expérience concret, sans bullshit, pour mieux comprendre comment la société évolue”. Son format court ( 25 minutes en moyenne), vous permettra de vous tenir informé de manière efficace ! Pour l’écouter, c’est par ici.

 

Mais alors, quelle finalité pour cet article ? Challengez vos croyances pour baser vos décisions sur des faits et non des suppositions. Cela va même parfois vous demander de dépasser votre système de valeurs pour s’adapter quelques instants à la vision et au mode de vie de votre audience.

Cependant, gardez à l’esprit cette phrase de Sébastien Genty, managing director et responsable du planning stratégique chez DDB Paris :

“Suffisamment de doutes pour se remettre en question, suffisamment de convictions pour avancer”